60 ans.
60 ans, c’est jeune.
… pour un nouvel État.
Deux évènements ont bousculé ma vision des choses, de l’Histoire.
Le premier fut tout à fait inattendu. Un sympathique déjeûner entre amis dans le Marais suivi d’une visite de musée, l’un des seuls ouverts un lundi.

© Photos Nathalie Darbella / Mémorial de la Shoah
Une vraie découverte. Une claque même. Une nécessité pour tout un chacun, Juif ou non. Surtout quand on ne l’est pas d’ailleurs.
Les cours d’histoire que j’ai pu avoir sur ce sujet m’ont alors parus manquer d’humanité. On n’y traite que des faits.
Passée l’entrée, on fait face au Mur des noms qui recensent les noms des personnes déportées de France dans les camps de concentration d’après les archives de l’époque. On m’explique que les noms effacés ont été mal orthographiés (car, bien évidemment, les personnes ne prenaient pas le temps de bien noter les noms des déportés) et reportés en fin de liste. 76000 Juifs dont 11000 enfants. Bien entendu, j’avais pu voir ces murs à la télévision. Pourtant, les voir et les toucher rendent ces morts tellement plus “réels”, l’Histoire moins abstraite.
L’exposition permanente au sous-sol du bâtiment raconte dans un premier temps 1942, année critique en terme de déportations, année d’apogée du nazisme. Où l’on apprend que les Juifs étaient traités comme du bétail, littéralement: le gouvernement de Vichy promettait contractuellement de convoyer un certain quota de Juifs vers les camps, les enfants étant comptabilisés ensuite pour pouvoir respecter les quotas négociés auprès des Allemands.
On découvre la crypte non loin.
En descendant plus, on tombe sur les grandes salles d’exposition qui expliquent la culture des Juifs et l’histoire des Juifs persécutés au fil des époques, de l’Antiquité à nos jours. L’exposition se recentre ensuite sur la Shoah (la vie des Juifs Français pendant la guerre, l’héroïsme des futurs Justes qui se portaient en aide aux Juifs, les déportations, les camps de concentration) à travers des témoignages écrits et vidéos, des documents d’époque, des objets (une broyeuse, l’étoile Jaune, un costume rayé …) , des photos et les recherches. Une foule de données intéressantes tantôt émouvantes, tantôt révoltantes qui méritent plusieurs visites tant on est submergé d’informations.
L’autre évènement est lié à la diffusion de deux excellents documentaires très instructives par M6 ce mois-ci racontant la naissance d’Israël suite à la Deuxième Guerre mondiale (je salue M6 pour l’absence de coupures pubs).
- De Auschwitz à Jérusalem de Serge de Sampigny (extraits)
- Israël – Palestine, 60 ans de violence de Mathieu Schwartz
Réalisés à partir de témoignages de Juifs et de Palestiniens ainsi que des photos et vidéos des époques concernées, ils éclairent sur cette période sans aucun parti pris si ce n’est celui de démontrer que la situation israëlo-palestinienne est vraiment complexe et qui serait facile de penser que ce n’est qu’une simple guerre de religions.
Les archives sont parfois très dures à visionner quand des cadavres et des scènes de violence sont filmés (camps d’extermination, pogrom, révoltes palestiniennes, attentats, etc) mais utiles.
En espérant une prochaine sortie en DVD…
Mémorial de la Shoah
17 rue Geoffroy l’Asnier (Paris 4è)
M° Saint-Paul (ligne jaune) ou Pont-Marie (ligne rose)
Entrée libre.
Français / English.
Pour plus d’informations: Encyclopédie multimédia de la Shoah
Edit: Le DVD De Auschwitz à Jérusalem sera “disponible à partir du 25 mai 2008 dans tous les points de vente spécialisés” selon M6.



